Compétences : polyvalence ou expertise, faut-il choisir ?
Par Christine06 le lundi 31 mars 2008, 11:18 - Unis vers... Emploi - Lien permanent

La tendance du marché de l'emploi dans ses structures de recherches est d'opposer polyvalence et expertise.
C'est pourtant un contre-sens d'opposer ces deux termes. L'expert est habile, expérimenté et compétent ce qui peut laisser sous-entendre que le polyvalent serait au contraire l'amateur, l'apprenti, l'inexpérimenté. L'expert serait un "monovalent" sachant compter (ex : l'expert comptable), le polyvalent lui, sachant accomplir plusieurs tâches aurait tendance à la dispersion (ex : secrétaire).
Cela vient aussi de ce côté rationnel qui met dans des cases, étiquette, cloisonne en blanc ou noir alors que la souplesse d'esprit rend possible des passerelles, une profondeur de champ, vertu bien utile pour le progrès et donc aux projets.
Des preuves ?
Les codes ROME qui tendent à l'expertise par métier, ou les moteurs de recherche d'emploi que nous utilisons et qui laissent si peu de place à une recherche "intuitive" par trop irrationnelle et au final inquiétante pour les décideurs, pris de fait pour des couards, doublés d'ignorants !
L'essentiel de ces moteurs est en effet centré sur des champs de compétences par secteur et autres critères dit "objectifs". Aucun souci pour l'expert, il coche, clique et rempli avec aisance chaque boîte proposée. Soyez polyvalent et vous vous retrouverez à cocher toutes les cases, sans possibilité de mettre un bémol ou une emphase. Quelle joie pour le polyvalent quand il croise enfin un champ d'expertise propre à son expérience, même si le plus souvent expérience dit temps... La valeur n'attend pas le nombre des années, ouf, j'ai eu peur pour nos séniors !
Qu'il soit nécessaire de classifier pour y voir clair est une chose mais si la doctrine l'emporte, cela confine à l'obsession et l'endoctrinement n'est pas loin...
Les experts pédaleraient le nez dans le guidon quand les polyvalents s'affirmeraient curieux... Pourtant les décideurs sont censés correspondre à cette synthèse définissant les chefs de projets dont la polyvalence consiste en une double force, l'expertise métier et technique !
En dernière analyse, si "la tendance du marché de l'emploi dans ses structures de recherches est d'opposer polyvalence et expertise", cela tient à l'évidence d'une "gestion de masses".
Si le "hasard" a voulu que je me retrouve sur les bancs de l'IUT Techniques de Commercialisation plutôt que dans les classes d'un BTS Tourisme, c'est sans doute parce que le premier proposait dans le cadre de sa formation en plus d'un enseignement théorique et pratique (champ d'expertise) tout un arsenal de découvertes ouvrant à la polyvalence de la découverte de soi, (champ de polyvalence) Un mot clé, expérimenter, le principe même des IUT et des stages en entreprises.
Alors, et vous, plutôt expert(e), polyvalent(e) ou chef de projet ?
Source images : Les Couleurs de Sophie



Commentaires
Superbe analyse !
Et ben dis donc tu ponds beaucoup ces temps ci !
Pour répondre à ta dernière question : Heu, est ce que j'ai un souci si je suis les 3 à la fois? Chef de projets de part mon dernier job, experte en com externe et polyvalente sur les domaines de la com et des rh !
C'est grave docteur ?
C'est gentil Elisa,
disons qu'elle trouve écho en toi, c'est bien agréable de ne pas être seule à penser ainsi.
Ceci dit, si d'autres pensent différemment, nous sommes toutes ouïes !
Si c'est grave les 3 à la fois ?
:-))) Euh, pas que je sache ou sinon gare à mon matricule !
Ouaip, bienvenue au club !
En fait, ces billets sont en couveuse (merci pour le terme approprié, y'a des fois des évidences qui m'échappent) depuis un moment.
C'est la raison pour laquelle ils sont datés... Du jour de leur création initiale.
C'est cool que tu passes pour le café !
Bonjour Docteur ! Alors moi aussi j'ai un problème...
On a tous un projet personnel ou professionnel dont on est le chef non ? Non mais, c'est qui qui commande ?
Et quand je vois les talents incroyables des blogueuses et blogueurs de cette plate-forme, je me dis que l'on fait une sacrée équipe d'experts ! Quant à la diversité des compétences de chacun, quelle polyvalence !
Personnellement, je pense qu'il faut taire certaines polyvalences, celles qui ne sont pas importantes ou en adéquation avec le job cherché (ou trouvé).
Par exemple, j'ai fait un peu de management, du recrutement, je sais établir des fiches de paie, je connais les grandes lignes de la législation du travail, mais je le tais parce qu'inutile dans mon job. Cela apparait dans ma formation sur mon CV. Point.
Mon café est froid, je peux enfin le boire... Oui j'adore le café froid et la glace fondue
Parfaitement en accord avec ta vision chère Nathalie bizarre n'est-ce pas...
Particulièrement celle là : <b> "On a tous un projet personnel ou professionnel dont on est le chef non ?
Non mais, c'est qui qui commande ?"</b>
Bon, déjà deux fois que je lis "docteur", alors le "her doctor" va se calmer un peu !
C'est vrai quoi, soigner doit être une vocation, n'est-il pas ?...
Sinon, pour le café, comme toi j'apprécie de le laisser tiédir un peu, pas tant parce que je l'aime froid (quoi que l'été c'est bon) plutôt parce que sinon ça brûle !
PS : bon, pour la mise en gras, je repasserai... Quand je saurais faire.
Coucou Christine !
donc à vérifier.
Pour les caractères en gras, je ne suis pas sûre que cela fonctionne dans les commentaires. Et je ne suis pas sûre non plus qu'il y ait un "/" dans la deuxième partie, mais je ne suis pas une "experte"
Bon vendredi et bon WE (sous la pluie?)
à très bientôt
Coucou Nathalie !
Ah ! Bon je vais creuser le sujet...
En fait ici le week-end fut plutôt beau, enfin dimanche dans le Var, c'était top !
à très vite
De formation je suis un grand polyvalent puisque j'ai fais des études scientifiques très généralistes, avec une spécialisation très tardive dans l'informatique
(seulement les deux dernières années et à temps partiel dans une école d'ingénieur généraliste).
Cela m'a permis de démarrer, dans l'informatique, mais cela fut dur au début car je manquais de ... spécialisation technique justement.
Au bout de 5 ans, j'ai commencé à piloter des projets. C'est vrai que la polyvalence m'a alors été utile : aspects techniques, fonctionnels, métiers, rédactionnels, budget, recrutement, management d'équipe : être capable de comprendre chaque spécialiste et permettre à tout le monde de concourir efficacement au projet.
Ensuite, j'ai souhaité faire du conseil, et il a fallu, pour être pertinent me spécialiser de nouveau. D'abord ma spécialité fut le marketing et la distribution dans la banque-assurance puis je me suis spécialisé dans la maîtrise d'ouvrage internet et intranet... Comme les spécialités demandées changent, alors finalement la polyvalence me paraît être pour moi le meilleur moyen d'apprendre, pour un temps, la spécialité qui me motive aujourd'hui !
Bonjour Emmanuel et merci de cette visite
Riche de variété ce parcours !
Entre polyvalence et expertise c'est la "capacité d'adaptation" dans une transmission "utile" de l'information que fait l'essence d'une expérience.
Cela ne peut se faire qu'avec la distance nécessaire...
Ce rien d'auto-dérision qui rend les choses moins chères à partager.
Merci encore de l'offrir ici et au plaisir